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L'interview de L'Ardennais (journal L'Union)

SAMEDI 16 SEPTEMBRE 2006 - "J'AI CRÉÉ MON ENTREPRISE EN SORTANT DE..."

D'un côté, les étudiants 2e année de l'IUT GACO. De l'autre, une dizaine de jeunes chefs d'entreprise prêts à partager leur expérience. Certains n'ont même jamais été salariés.

« JE ne voulais pas être salarié. J'ai fait de l'intérim, j'ai vite compris que je voulais être à mon compte.
Déjà en terminale, j'avais monté un dossier pour créer une boîte dans le bâtiment. »
Jean-Philippe a 23 ans. Lui même a suivi les cours de l'IUT Gaco. En sortant de la fac, il a choisi de monter directement sa propre entreprise.
Il est à l'origine de la création du Laser Game, il y a deux ans. « Cela faisait parti de mes loisirs. Je fréquentais ce genre d'endroit tous les week-ends. Mon but était de gagner de l'argent en faisant un boulot qui me plaît. »
Pari réussi, semble-t-il. Mais il ne s'en cache pas : l'investissement est très lourd. Et la menace de la concurrence peut tout remettre en cause rapidement.
Sans le bac le parcours n'est pas simple. Tous en témoignent.

Problèmes administratifs, refus des banques. Johan connaît. « A 19 ans, quand tu parles de fonder une entreprise, on te répond souvent : « Trouve un boulot, tu penseras à ta boîte plus tard. »
Johan a persévéré. Au collège, il créait des sites internet, au lycée, il s'est mis à l'infographie.
Après un échec au bac scientifique, il a dit au revoir aux études. Depuis un an, il crée à son compte des supports de communication.
« Quand je dis que je suis chef d'entreprise, cela impressionne mais quand je regarde mes rentrées d'argent et mes problèmes administratifs, ça remet bien en place », plaisante-il.

Johan n'échangerait pourtant sa place pour rien au monde. Chef d'entreprise à 19 ans, il est parfois plus jeune que les interlocuteurs qui sont venus découvrir son expérience, jeudi, à l'IUT Gaco.

Une première dans les murs de l'établissement. Le but ? Donner envie aux jeunes d'entreprendre, au sens large. Mais pas question pour autant de taire les obstacles.
Un seul gilet distribué aux amateurs de jeux de laser en salle coûte 3.000 euros. Un exemple qui donne une idée de l'investissement nécessaire.

Pour Johan de A3 graphique, qui travaille à domicile avec sa matière grise, c'est l'achat de logiciel qui a été un gros pôle de dépense.
« Avant de commencer à gagner de l'argent, il faut donner beaucoup d'heures », fait pour sa part remarquer Franck Robinet, créateur de Depan-Info-Service.
Tout le monde pense avoir l'idée miracle, mais ce n'est pas aussi simple que cela, selon Mohamed Boudalia, de la Boutique de gestion, association qui accompagne les jeunes entrepreneurs.
« Parfois, les gens arrivent et me disent, je vais créer telle chose à Charleville car il n'y en a pas. Mais s'il n'y en a pas, c'est peut-être qu'il y a une raison » résume-t-il.
Parfois, il faut juste s'adapter à la demande. « C'est tout bête mais je dépanne les gens qui ont un problème informatique même le dimanche matin », annonce Franck Robinet.
Étude de marché, plan de financement prévisionnel, les intervenants ont explicité leur démarche.
Alors qui est prêt à monter son affaire ? Dans la salle, face aux jeunes chefs d'entreprise, les mains restent baissées.

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